Autonomopathies du chien

Les autonomopathies regroupent un ensemble de troubles du comportement.

Signes cliniques et manifestations comportementales des Autonomopathies du chien

Les manifestations comportementales des autonomopathies ont le point commun d’apparaitre surtout en l’absence des propriétaires.

Les plus fréquentes sont les vocalises, les destructions et la malpropreté.

L’animal va rapidement anticiper les périodes de séparation et manifester des réactions comme tremblements, gémissements, agitation, dès qu’il voit son propriétaire se « préparer » à partir.

De la même façon, les émotions au retour du propriétaire sont très intenses avec des fêtes exagérées en durée et en intensité lors des retrouvailles.

Beaucoup de chiens qui souffrent d’autonomopathie auront une tendance à être exagérément proches de leur propriétaire en sa présence : cela peut aller du besoin de l’avoir toujours à vue, jusqu’au besoin de contact physique permanent. Par ailleurs, certains chiens ne seront apaisés que par une personne, alors que pour d’autres tout humain sera rassurant. Parfois, la présence d’un autre chien peut être suffisante pour apporter l’apaisement.

Le propriétaire peut avoir un sentiment de gratification face à l’attention et l’amour que l’animal manifeste, mais ces réactions positives sont le miroir du mal être ressenti par ce dernier lorsqu’il est seul. Dans d’autres cas, au contraire, le propriétaire peut se sentir « étouffé » par ce chien qui est un véritable « pot de colle »

Motifs de consultation lors d’autonomopathie chez le chien

Lors d’autonomopathie, le principal motif de consultation de comportement vient des vocalises (aboiements, pleurs) en l’absence du maître. Il y a souvent urgence car les voisins ont pu se plaindre et exigent une résolution très rapide du problème.

Beaucoup de propriétaires sont ainsi tentés de recourir au collier électrique anti-aboiement (dont la décharge électrique est déclenchée par l’aboiement) afin de parer à l’urgence de la situation, ce qui est compréhensible. Pour autant, cette solution (même si elle peut faire taire le chien) ne résoudra le problème qu’en apparence : il est maintenant démontré que l’utilisation de ces colliers est toujours perverse à long terme, et génératrice d’anxiété, d’agressivité et de troubles du comportement (Ziv, 2017 ; Masson et al. 2018).

D’autres motifs peuvent être rapportés, comme un chien qui est trop « pot de colle », ne supporte pas la solitude, détruit des objets quand il est seul ou devient malpropre.

Les troubles de l’attachement sont également observés fréquemment chez les chiens adoptés en refuge (en particulier à l’âge adulte) qui peuvent avoir du mal à trouver leurs marques dans leur nouvelle famille (surtout s’ils ont connu plusieurs changements de foyer).

Chez le chien âgé, il n’est pas rare de voir apparaitre une diminution de la capacité à rester seul.

Enfin, et cela constitue une urgence comportementale, certains chiots ne peuvent créer de lien d’attachement primaire (agressivité de certaines mères ou séparations très précoces). Ils sont prostrés et se laisseront mourir si un traitement n’est pas rapidement mis en place pour les sortir de cette véritable dépression.

Comment explique-t-on le développement d’une autonomopathie chez le chien ?

Comme souvent pour les troubles du comportement, les origines suspectées sont multiples : vulnérabilité génétique et facteurs environnementaux.

La qualité du lien d’attachement qui est établi entre le chiot et sa mère (dont la possibilité d’être à son contact jusqu’à 8 semaines) va jouer un rôle majeur dans la genèse de ces troubles.

Lorsque l’attachement est de bonne qualité, le chiot est capable d’explorer sereinement son environnement (en s’éloignant de plus en plus) et vient se rassurer près de son être d’attachement (le propriétaire) quand il est inquiet. A la puberté, le détachement (initié activement par l’être d’attachement) a lieu et se manifeste par une capacité d’exploration et une autonomie encore accrue et par la capacité à pouvoir rester seul en étant apaisé (l’attachement au nid/panier/lieu de vie suffit pour apaiser l’animal).

Les mécanismes mis en jeu dans ces étapes sont complexes et médiés entre autres par l’ocytocine. Si un dysfonctionnement se produit à une des étapes (hyperattachement, défaut de détachement, absence d’attachement,) des symptômes apparaissent.

Les facteurs environnementaux comme les changements de foyer (abandon, puis réadoption, …) constituent aussi des causes possibles de dérégulation de ce processus d’attachement.

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Traitement des autonomopathies du chien

Le traitement des autonomopathies du chien repose sur :

  • Un traitement médical

La mise en place d’un traitement médical dépendra du diagnostic. Lorsque la détresse du chien est importante et que les conditions de vie obligent à des temps de solitude quotidiens, le traitement médical est indispensable. Il va minimiser le niveau de souffrance du chien pendant les absences, et lui permettre ainsi de pouvoir réaliser via la thérapie comportementale que l’absence n’est pas définitive et ne doit pas être inquiétante.

Lorsque l’affection est secondaire à une autre pathologie comportementale, les traitements seront adaptés en fonction du diagnostic primaire.

  • Un traitement comportemental

Les thérapies comportementales de ces affections visent à améliorer le bien-être du chien qui est en souffrance dès qu’il est loin de son propriétaire. Pour rétablir un équilibre, des exercices spécifiques seront prescrits et réalisés progressivement en respectant les capacités d’adaptation et de progression du chien.

Dans le cas des autonomopathies essentielles, la thérapie amènera le chien à s’autonomiser (détachement).

Lorsque cela est possible, une aide extérieure temporaire (garde par un tiers, pet sitter), peut aider à la transition et sera proposée, le temps que le chien puisse supporter sereinement des absences plus longues.

Par ailleurs, un travail de communication sera accompli pour donner un cadre de vie apaisant et prévisible pour le chien.

Lors d’autonomopathies secondaires, le détachement ne sera pas recherché en première intention, car il constitue une béquille émotionnelle. Le trouble causal sera investigué et traité en priorité.

Pronostic des autonomopathies du chien

La diversité des affections contenues dans ce vaste groupe des autonomopathies ne permet pas de donner un pronostic général. Cependant, il est rare de ne pas arriver à atteindre un apaisement permettant une bonne qualité de vie.

Points Importants

  • Les autonomopathies regroupent un ensemble de troubles du comportement, dont « l’anxiété de séparation »
  • Les signes cliniques apparaissent surtout en l’absence des propriétaires ou à leur retour
  • Les vocalises et aboiements en l’absence des maîtres sont le motif le plus fréquent de consultation
  • Selon le type d’autonomopathie, le traitement repose sur un volet médical et un volet comportemental
  • Le pronostic est variable selon la forme d’autonomopathie mais on obtient le plus souvent une bonne qualité de vie pour le chien et son environnement

Qu’est-ce que les Autonomopathies du chien ?

Les autonomopathies du chien sont un ensemble de troubles du comportement dans lesquels le processus d’attachement est dérégulé, engendrant une souffrance du chien en l’absence de sa figure d’attachement.

Ce processus d’attachement peut dysfonctionner soit en quantité (hypo ou hyperattachement), soit en qualité (le lien créé n’est pas apaisant).

Ce groupe complexe de pathologies est souvent associé au terme générique « d’anxiété de séparation ». En réalité, l’anxiété de séparation sensu stricto répond à des critères diagnostiques très précis. Elle est appelée autonomopathie essentielle ontogénique par défaut de détachement.

Le groupe des autonomopathies est plus large et contient d’autres entités cliniques dans lesquelles l’absence d’autonomie va engendrer la souffrance du chien, sans pour autant répondre aux 5 critères classiques de l’anxiété de séparation.

On parlera d’autonomopathies essentielles lorsque le trouble de l’attachement est au centre du trouble et d’autonomopathies accessoires lorsque le trouble de l’attachement est secondaire à une autre affection.

 

AUTEUR

DR BEATA, Spécialiste en comportement animal

RÉFÉRENCES

Références
Ziv, G., 2017. The effects of using aversive training methods in dogs—A review. Journal of 632 Veterinary Behavior: Clinical Applications and Research. doi:10.1016/j.jveb.2017.02.004

Masson, S., Nigron, I., Gaultier, E. (2018). Questionnaire survey on the use of different e-collar types in France in everyday life with a view to providing recommendations for possible future regulations. Journal of Veterinary Behavior.

Masson, S., Vega, S. de la, Gazzano, A., Mariti, C., Da Graça Pereira, G., Halsberghe, C., … Schoening, B. (2018). Electronic training devices: discussion on the pros and cons of their use in dogs as a basis for the position statement of the European Society of Veterinary Clinical Ethology (ESVCE). Journal of Veterinary Behavior. https://doi.org/10.1016/j.jveb.2018.02.006

Beata, C., Au risque d’aimer – Editions Odile Jacob

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