Tétanos du chat

Qu’est-ce que le tétanos du chat ?

Le tétanos est une affection neuro-musculaire se caractérisant par une contraction soutenue des muscles de l’organisme. Le tétanos se développe après qu’une spore pénètre l’organisme par une blessure ou lors d’un traumatisme pénétrant. Dans certaines conditions (anaérobies), la bactérie Clostridium tetani produit 2 toxines. L’une (la tétanospasmine) inhibe l’action de certains neurotransmetteurs et provoque des symptômes musculaires. L’autre (la tétanolysine) endommage les tissus adjacents, favorisant la progression de l’infection.

Prédispositions raciales au tétanos chez le chat

Le tétanos du chat est très rare.

Contrairement à l’homme et au cheval, les carnivores domestiques sont considérés peu à risque pour cette affection. Ainsi, le chat est 10 fois plus résistant que le chien à l’infection, qui est lui-même 600 fois plus résistant que le cheval. Cette résistance est liée à la moins bonne diffusion de la toxine dans l’organisme et sa moindre capacité à se fixer au système nerveux

Signes cliniques de tétanos du chat

Seuls quelques cas sont décrits chez le chat dans la littérature, et la majorité présentait des formes focales.

Le tétanos peut se manifester par des contractions involontaires et soutenues des muscles, au départ proches de la plaie d’inoculation (membres, tête) lors de tétanos focal. Les signes faciaux sont un trismus, de la dysphagie, une salivation excessive, une protrusion de la membrane nictitante et une énophtalmie.

Lors de tétanos généralisé, l’infection est en générale « ascendante » (remontée de la toxine le long des axones). Elle peut se manifester par une rigidité musculaire globale, une boiterie, de la dyspnée, un port de queue relevé, de la dysphagie. La moitié des chats atteints verront une progression sévère en moyenne sur 4 jours (de 0 à 14 jours) vers un décubitus latéral et des spasmes musculaires sévères. Le système nerveux autonome peut être atteint : troubles du rythme cardiaque, troubles urinaires, alternance hypertension/hypotension. L’évolution terminale de la maladie peut conduire à une paralysie respiratoire et un arrêt cardiaque.

Le diagnostic différentiel doit inclure une hypocalcémie (mise-bas, insuffisance rénale aiguë, intoxication), une polymyosite, un traumatisme de la moelle épinière, …

Comment confirmer le diagnostic de tétanos du chat ?

Le diagnostic est fondé sur les signes cliniques et l’historique du chat, et la combinaison d’arguments en faveur de la maladie.

Une analyse sanguine peut confirmer la souffrance musculaire (augmentation des créatinines kinases ou CK), l’hémogramme étant généralement normal.

L’analyse du liquide cérébro-spinal (LCS) est normale.

Un examen électrodiagnostique (EMG) peut confirmer la tétanie musculaire.

L’isolement de la bactérie ou la recherche de la toxine peut s’avérer difficile (non disponibilité des tests, croissance difficile en milieu de laboratoire).

Traitement du tétanos du chat

Le traitement du tétanos du chat comprend 3 volets :

  • La neutralisation des toxines circulantes (sérum antitétanique). Chez le chat, il n’est pas démontré que l’administration de sérum antitétanique apporte un bénéfice pour ralentir la sévérité, la durée de la maladie ou améliorer le taux de survie.
  • La destruction des bactéries pour arrêter la production de toxines (nettoyage des plaies, administration d’antibiotiques adaptés),
  • L’atténuation des manifestations cliniques de l’intoxination.

Afin de contrôler au mieux les spasmes, toute stimulation sensorielle doit être évitée (chat placé à l’obscurité, au calme, voire tranquillisé médicalement). Des myorelaxants sont prescrits. Parfois, une anesthésie générale peut être instaurée.

Lors de tétanos généralisé, des soins intensifs sont indispensables pour la survie de l’animal : prévention de bronchopneumonie par fausse déglutition, sonde nasotrachéale ou trachéostomie en cas de paralysie laryngée, sonde de gastrotomie, soins de décubitus prolongé, …

Pronostic du tétanos du chat

Chez le chat, le pronostic est bon lors de formes focales. Il n’existe pas de données sur l’évolution observée lors de forme généralisée mais le pronostic reste réservé, comme chez le chien.

 

AUTEURS

DR CAUZINILLE, Spécialiste en neurologie

DR ROBIN,Résidente du Collège Européen de médecine interne

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