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Le radius et l’ulna sont les deux os de l’avant-bras du chien. Une fracture de ces os empêche le chien de poser correctement la patte et provoque douleur, boiterie et gonflement.
Certaines races sont particulièrement à risque, notamment les chiens de petit format (Chihuahua, Yorkshire, Pinscher nain, Papillon, Shih Tzu, Caniche nain, Loulou de Pomeranie, etc.). Chez ces races, les fractures surviennent souvent au niveau du tiers distal du radius, une zone particulièrement mal vascularisée, ce qui ralentit la cicatrisation osseuse et augmente les risques de complications.
Les signes les plus fréquents sont :
Une fracture est confirmée par un examen clinique et des radiographies réalisées par le vétérinaire.
Le traitement de choix pour les fractures du radius et de l’ulna chez le chien est chirurgical. Les attelles ou plâtres sont même dangereux, car des non-unions (pas de cicatrisation) sont fréquentes et des mal-unions (cicatrisation avec déformation) aussi mais aussi car cela entraine très souvent des blessures complexes à soigner.
La chirurgie consiste à :
Pour les petits chiens, il faut de petits (micro) ou tout petits (nano) implants. Certains centres en France ont des implants adaptés pour des chiens de moins d’un kilogramme à plus de 100 kilogrammes.
Des approches mini-invasives comme la réduction à foyer fermé et ostéosynthèse mini-invasive par plaque (MIPO) ou l’approche ouverte mais sans manipulation directe du foyer de fracture (OBDNT) sont utilisées lorsque cela est possible car elles respectent davantage la biologie de la fracture.
Lorsque la chirurgie est correctement réalisée avec plaque et vis, la récupération d’une démarche normale est atteinte dans plus de 95 % des cas, avec disparition progressive de la boiterie et de la douleur. Les complications sont rares.
En revanche, la gestion par contention externe seule (attelle, plâtre) est très rarement indiquée et souvent déconseillée chez les petits chiens, dont la peau fine et fragile de l’avant-bras supporte mal une immobilisation prolongée.
Si un bandage (avec attelle ou plâtre) ou une chirurgie sans plaques ni vis est utilisé, des complications surviennent dans plus d’un cas sur deux : cela peut aller de simples irritations cutanées à des problèmes plus sérieux (débricolage du matériel d’ostéosynthèse, cicatrisation retardée, non-union, récidive de la fracture).
Certaines fractures spécifiques (fractures très distales, articulaires, comminutives ou du chiot en croissance) nécessitent des techniques plus avancées et du matériel d’ostéosynthèse adapté :
En cas d’atteinte de la plaque de croissance chez le jeune chien, un suivi prolongé est indispensable pour prévenir une déformation du membre (comme le radius curvus).
Un pansement post-opératoire peut être mise en place même si cela est de moins en moins souvent réalisé. Il doit rester propre et sec : s’il devient humide ou souillé, le risque d’infection locale augmente significativement.
(Photo 4). Exemple de pansement post-opératoire.
Une collerette est systématiquement recommandée pour éviter que le chien ne lèche sa plaie, ce qui pourrait retarder la cicatrisation cutanée, faire sauter les points ou entrainer une infection.
Le chien repose généralement très vite sa patte après l’intervention. Il est donc essentiel de limiter son activité : repos en intérieur, sorties très courtes en laisse uniquement pour les besoins.
Enfin, un suivi radiographique régulier est indispensable : des clichés de contrôle sont recommandés toutes les 4 semaines jusqu’à obtention d’une consolidation complète, généralement en 8 semaines.
• Brinker WO, Piermattei DL, Flo GL. Fractures of the Radius and Ulna. In: Brinker WO, Piermattei DL, Flo GL, editors. Handbook of Small Animal Orthopedics and Fracture Repair. 5th ed. St. Louis: Elsevier; 2016. p. 366-388.
• Tobias KM, Johnston SA. Radius and Ulna. In: Tobias KM, Johnston SA, editors. Veterinary Surgery: Small Animal. 2nd ed. St. Louis: Elsevier; 2017. Chapter 54.
• Gibert. S, Ragetly G, Boudrieau R.J, Locking compression plate stabilization of 20 distal radial and ulnar fractures in toy and miniature breed dogs, Vet Comp Orthop Traumatol 2015 ; 6 ; 441-447
• Camilletti P, d’Amato M. Successful centralisation technique for treatment of post-traumatic absence of the radial shaft in a dog. J Small Anim Pract. 2024 Jun;65(6):409–12.