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Les fractures graves de l’acétabulum ou de la tête ou du col fémoral qui ne peuvent pas être réparées ou qui risquent d’être responsable d’un développement trop important d’arthrose sont des indications d’une résection arthroplastie de la tête et du col fémoral (ou de prothèse totale de la hanche).
Le glissement épiphysaire ou glissement de la tête fémorale est une pathologie entrainant une fracture spontanée de la tête fémorale le long de sa plaque de croissance. Il s’agit d’une maladie atteignant plus souvent de jeunes chats mâles castrés en surpoids. L’atteinte peut être uni (un seul côté) ou bilatérale (les deux côtés). La prise en charge chirurgicale recommandée consiste à venir réaligner et refixer la tête fémorale sur le col fémoral à l’aide de broches. Cependant dans certains cas, lorsque la tête fémorale est trop abimée ou la fracture trop ancienne, une résection arthroplastie de la tête et du col fémoral peut être indiquée, même si la prothèse de hanche permet une récupération plus optimale.
Radiographie de bassin d’un chat présentant un glissement épiphysaire de la tête fémorale à droite
La luxation de la hanche survient souvent après un traumatisme violent. Lorsque la hanche ne présente pas de problème antérieur à l’accident une réduction est possible et de bon pronostic. Dans différents cas de figure, surtout après échec d’une première prise en charge chirurgicale, une résection de la tête et du col fémoral ou une prothèse de hanche peuvent être indiquées suite à une luxation de la hanche. Par exemple lors de dysplasie, la hanche peut être tellement modifiée qu’elle peut se reluxer suite à un traumatisme mineur et la réduction de la luxation est généralement inefficace.
Cette maladie est due à un développement anormal de la hanche lors de la croissance du chaton. La dysplasie de la hanche engendre une laxité de l’articulation de la hanche. De ce fait, la tête fémorale et la cavité articulaire se déforment en s’aplatissant. De l’arthrose apparait sur l’articulation et est la cause de douleurs. Les signes cliniques précoces sont souvent frustres chez le chat. Les signes cliniques peuvent d’abord apparaître comme une intolérance à l’exercice. Les sauts de lapin, la difficulté à se lever après un repos, une boiterie sur un postérieur, et l’amyotrophie des postérieurs sont des signes caractéristiques.
Dans la majorité des cas de dysplasie de hanche, la résection de la tête et du col fémoral n’est pas indiquée. Des mesures nombreuses peuvent être mises en place à la maison pour aider les chats atteints. Une chirurgie de la hanche telle une résection arthroplastie de la tête et du col fémoral (ou une prothèse totale de la hanche) n’est donc indiquée que lors de gêne importante et persistante, lorsque les mesures médicales hygiéniques recommandées ont déjà été appliquées.
Pronostic :
Le pronostic est favorable à environ 80% pour la reprise d’une fonction satisfaisante du membre. Une amyotrophie ou une gêne peuvent persister ou réapparaître sur le long terme sans forcément être visible au quotidien. Lorsqu’une récupération optimale est souhaitée, la prothèse de hanche est la chirurgie de référence pour sauver l’articulation de la hanche. Le taux de succès est meilleur, mais aussi la récupération peut être totale.
L’animal est anesthésié et le membre est entièrement tondu. Une surveillance anesthésique est mise en place. Une incision est réalisée sur la face latérale de la hanche. L’articulation de la hanche est exposée, une ostectomie de la tête et du col fémoral permet leur ablation. Les plans musculaires, sous-cutané et cutané sont refermés. Des radiographies de contrôle post-opératoires sont réalisées. Après la chirurgie, un tissu fibreux se forme dans la région de l’articulation de la hanche, empêchant ainsi le contact entre l’acétabulum contre le fémur créant une pseudo-articulation. La masse musculaire maintient la hanche en place. La patte opérée sera légèrement plus courte qu’en préopératoire.
Radiographie post-opératoire après exérèse de la tête et du col du fémur de la hanche droite sur un chat.
Des soins sont prodigués à votre animal, le contrôle de la douleur post-opératoire est géré au besoin avec plusieurs médicaments dont la morphine.
Chez vous, des médicaments seront prescrits pendant quelques jours.
L’activité n’est pas limitée après la chirurgie, hormis pendant les 14 premiers jours où celle-ci doit être contrôlée. En fait, l’exercice permet de limiter la formation d’adhérences et donc de maintenir la mobilité de l’articulation de la hanche. La rééducation doit être réalisée jusqu’à ce que l’animal utilise normalement sa patte. Ceci consiste en des mouvements de flexion et d’extension de l’articulation de la hanche. La nage lorsqu’elle est possible est une autre forme de physiothérapie. Il est aussi recommandé de prendre un rendez-vous avec un spécialiste en physiothérapie afin de déterminer un programme de rééducation.
La plupart des animaux commencent à poser la patte et à s’y appuyer dans les 2 semaines suivant la chirurgie. L’appui se montre progressivement plus franc et la récupération est bonne en 2 à 3 mois.
Votre animal doit être réexaminé 1 mois après la chirurgie afin de s’assurer que tout se déroule correctement.
La plupart des petits animaux vont très bien après cette intervention. Pour les animaux de plus grande taille, une faiblesse peut être observée sur le membre opéré. Ceci est dû à la musculature supportant la hanche, un exercice trop important pouvant mener l’animal à boiter. Des anti-inflammatoires peuvent soulager l’animal en cas de besoin.
Comme lors de toute chirurgie, des complications peuvent survenir. Grâce à l’utilisation de protocoles anesthésiques adaptés et d’appareils de monitorages moderne (ECG, oxymétrie pulsée), le risque anesthésique est minimisé.
L’infection est une complication extrêmement rare grâce à l’utilisation de techniques d’asepsie stricte pendant l’intervention.
Une ankylose articulaire peut survenir. Elle est généralement due à un manque de rééducation. Si votre animal n’utilise pas correctement sa patte après 2 ou 3 semaines, des anti-inflammatoires peuvent être nécessaires associé à des séances de physiothérapie.
Une lésion du nerf sciatique est possible durant la chirurgie.
1. Tobias KM & Johnston SA. Section IV : Muskuloskeletal system. In Veterinary Surgery. Second edition (Tobias & Jonhston), Saunders CO, St Louis
2. Schnabl-Feichter E, Schnabl S, Tichy A, Gumpenberger M, Bockstahler B. Measurement of ground reaction forces in cats 1 year after femoral head and neck ostectomy. J Feline Med Surg. 2021 Apr;23(4):302-309.