Malformations tricuspidiennes

La dysplasie tricuspidienne chez le chien est une malformation congénitale d’une valve cardiaque

Les malformations tricuspidiennes chez le chien sont un terme assez général qui regroupe plusieurs sortes de malformations de la valve tricuspide survenant au cours du développement de l’embryon. Ce sont donc des malformations cardiaques congénitales. On en distingue trois formes principales : la dysplasie tricuspidienne au sens strict, la maladie d’Ebstein et l’atrésie tricuspidienne. Dans la maladie d’Ebstein, en plus d’être malformée, la valve tricuspide est déplacée. Dans l’atrésie tricuspidienne, beaucoup plus rare, l’orifice valvulaire n’est pas perforé.

Chez le chien, les malformations de la valve tricuspide représentent environ 5% des malformations congénitales du cœur.

Points Importants

  • La dysplasie tricuspidienne est une malformation congénitale d’une valve cardiaque : la valve tricuspide
  • Il existe plusieurs formes de dysplasie tricuspidienne, avec des degrés de gravité variable
  • Beaucoup de chiens ne présentent acun symptôme au moment du diagnostic, l’auscultation attentive du jeune chiot est donc essentielle
  • Le pronostic dépend avant tout de l’apparition d’une insuffisance cardiaque droite ou d’un trouble du rythme

Origine des malformations tricuspidiennes chez le chien

Chez le chien, l’origine de ces malformations cardiaques valvulaires est le plus souvent inconnue. Des causes non génétiques survenant pendant la gestation sont parfois évoquées (infectieuses, toxiques, …). Dans certaines races une hérédité est fortement suspectée avec des atteintes familiales (Labrador en particulier).

Il existe des degrés différents de malformation qui vont du simple épaississement de la valve jusqu’à des malformations complexes avec des adhérences aux parois cardiaques, des implantations anormales, …

Ces malformations valvulaires sont généralement associées à une dilatation de l’oreillette droite, plus ou moins importante et responsable dans les cas les plus marqués de l’apparition de troubles du rythme cardiaque. Le ventricule droit est dilaté et déformé.

Il n’est pas rare que les dysplasies tricuspidiennes soient associées à d’autres malformations cardiaques congénitales : persistance du canal artériel, sténose pulmonaire, communication interventriculaire, …

Echocardiographie sur un chien atteint de dysplasie tricuspidienne. Cette malformation cardiaque congénitale se traduit ici par une valve tricuspide malformée (flèche). L’oreillette droite est également très anormalement dilatée. OD = oreillette droite, VD = ventricule droit, OG = oreillette gauche, VG = ventricule gauche



Echocardiographie et Doppler couleur sur le même chien atteint de dysplasie tricuspidienne que sur la photo 1. La malformation cardiaque est responsable d’une fuite tricuspidienne (ou régurgitation) (flèche).​

Prédispositions raciales et sexuelle

Actuellement, les races les plus souvent citées comme étant prédisposées sont les Labrador Retrievers et les Bergers allemands. Mais, d’autres races ne sont pas épargnées comme : Barzoï, Bobtail, Boxer, Braque de Weimar, Dogue allemandGolden Retriever, Montagne des Pyrénées, Setter irlandais.

Les chiens mâles semblent plus prédisposés que les femelles. Selon les études, 58% à 71 % des animaux atteints sont des mâles.

Quand suspecter une malformation tricuspidienne chez le chien ?

Chez les chiots atteints, presque un sur deux ne présente pas de symptôme au moment du diagnostic.

Les symptômes sont la conséquence de l’installation d’une insuffisance cardiaque droite et/ou de l’apparition de troubles du rythme cardiaque. Selon le degré de gravité, les premiers symptômes peuvent n’apparaître que vers l’âge de un an.

Lorsqu’ils existent, les symptômes sont dominés par une intolérance à l’effort, une distension du ventre (ascite), un amaigrissement, des difficultés respiratoires et parfois des syncopes. C’est généralement l’auscultation du cœur, à l’occasion d’une visite pré-vaccinale, qui va permettre de suspecter une anomalie cardiaque : souffle, trouble du rythme, …

Quels examens complémentaires faut-il faire ?

La consultation de cardiologie va conduire à une suspicion. La confirmation et l’évaluation de la sévérité de la malformation font appel à différents examens, en particulier :

  • un électrocardiogramme, destiné à dépister et identifier les troubles du rythme cardiaque

  • des radiographies du thorax, dans différentes positions, pour identifier certaines déformations de la silhouette cardiaque et d’autres signes associés

  • une échocardiographie et un examen Doppler pour identifier les lésions valvulaires, en apprécier la gravité et les répercussions sur le fonctionnement du cœur

  

  1. Echocardiographie et Doppler couleur chez un chien Berger allemand atteint d’une dysplasie tricuspidienne sévère. Au moment de la contraction cardiaque, la régurgitation du sang contenu dans le ventricule droit (VD) vers l’oreillette droite (OD) (flèche verte) est ici massive.
  2. Echocardiographie et Doppler continu chez le même chien Berger allemand atteint d’une dysplasie tricuspidienne sévère. Au moment de la contraction cardiaque, la régurgitation du sang contenu dans le ventricule droit vers l’oreillette droite se traduit par un pic anormal (flèche rouge).​

Quel est le pronostic d’une malformation tricuspidienne chez le chien ?

Le pronostic dépend avant tout de l’importance des malformations et de leurs répercussions sur la fonction cardiaque. Lorsqu’elles sont peu importantes, les chiens peuvent vivre dans de bonnes conditions et sans symptômes pendant plusieurs années.

Dans les formes sévères, associées à des troubles du rythme cardiaque, … l’espérance de vie peut être inférieure à un an.

 

Existe-t-il un traitement des malformations tricuspidiennes chez le chien ?

Chez le chien, pour des raisons à la fois techniques et économiques, le traitement chirurgical n’est guère envisageable actuellement en pratique courante. Il est donc essentiellement médical et fait appel à des médicaments qui ont pour but d’améliorer l’efficacité de la fonction cardiaque et de limiter les symptômes existants (ascite, troubles du rythme cardiaque, …).

 

RÉFÉRENCES

CORLOUER JPh – Les cardiopathies - In : Rousselot JF, Corlouer JP et coll. - La cardiologie au quotidien – Guide pratique Vétoquinol – 2010, 156 p

CORLOUER JPh – Diagnostic des cardiopathies congénitales : toujours plus précis ? – AFVAC, Strasbourg, 28-30 novembre 2008

CORLOUER JPh – Que faire d’un chiot atteint de cardiopathie congénitale ? – Journées vétérinaires Toulousaines – AFVAC – Toulouse 24 et 25 mars 2007

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