Intoxication par le Kalanchoé chez le chat (Crassulacées)


CONDUITE À TENIR EN URGENCE

Le Kalanchoé d’ornement est une plante d’origine malgache de la famille des Crassulacées, encore appelées plantes succulentes ou plantes grasses. Ces plantes ont la particularité d’accumuler dans leurs feuilles, leurs tiges, leurs branches ou troncs, des substances diverses qui sont parfois riches en molécules toxiques.

Toutes les parties de la plante (tiges, feuilles et fleurs) sont toxiques, mais tout particulièrement les fleurs.
L’intoxication se produit suite à l’ingestion ou au mâchonnement de la plante par le chat.

La dose toxique est actuellement inconnue chez le chat.

Retirer les plantes de la gueule du chat en veillant à ne pas vous faire mordre.

Faire vomir le chat en prenant toutes les précautions de rigueur et au maximum dans l’heure qui suit l’ingestion.

Administrer (avec précaution pour éviter des fausses routes) du charbon activé.

Prendre un échantillon des plantes (feuilles, fleurs ou baies), une photo ou l’étiquette, s’il y en a une. Ces éléments seront précieux pour le vétérinaire.

Kalanchoé
Le Kalanchoé est une plante toxique, notamment ses fleurs.

GRAVITÉ DE L’INTOXICATION PAR LE KALANCHOÉ CHEZ LE CHAT

Urgence vétérinaire vraie.
L’ingestion de Kalanchoé justifie d’autant plus une consultation d’urgence que la dose toxique est inconnue chez le chat.
Le pronostic est réservé et dépend de la quantité ingérée, de la taille du chat, de son âge et de son état général.


PRINCIPAUX SYMPTÔMES ET MÉCANISMES D’ACTION CHEZ LE CHAT

La plante contient des molécules toxiques (en particulier des glycosides cardiotoniques : bryotoxine, bryophylline, bersalgenine, …). Ces molécules sont en particulier responsables d’une fuite de potassium en dehors des cellules musculaires et myocardiques, ainsi que d’une accumulation intracellulaire de calcium. Les déséquilibres ainsi produits provoquent des troubles cardiaques, irritent le tube digestif et provoquent des vomissements par action sur le cerveau (au niveau du centre du vomissement).

Les signes cliniques apparaissent quelques heures après l’ingestion.
Le chat est apathique, salive et bave, urine abondamment puis présente des vomissements. Des douleurs abdominales apparaissent, souvent associées à une gastro-entérite hémorragique. Une atteinte nerveuse est possible (ataxie, paralysie). Dans les 12 à 24 heures qui suivent l’ingestion, on observe des troubles cardiaques (arythmies, blocs de conduction, …), des troubles respiratoires, une grande faiblesse, un refroidissement des extrémités, …
Une aggravation des troubles cardiaques pouvant aller jusqu’à un arrêt cardiaque, est possible dans les 4 à 5 jours qui suivent l’intoxication.


QUEL VÉTÉRINAIRE CONTACTER ?

Si votre vétérinaire traitant est ouvert, c’est bien évidemment l’interlocuteur privilégié.

En son absence, pour ce type d’urgence, une consultation sans délai dans un service d’urgence est indispensable. En effet, une surveillance vétérinaire prolongée (en particulier du rythme cardiaque) doit être mise en place ainsi qu’un traitement des vomissements, favorisant l’élimination des toxiques, …


HOSPITALISATION

En raison des risques importants et différés de troubles cardiaques, l’hospitalisation du chat est quasi indispensable pour mettre en place une surveillance ECG prolongée et des traitements adaptés sont nécessaires.

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    L’intoxication se produit par mâchonnement ou ingestion de feuilles ou de tiges mais aussi par projection de sève dans l’œil.

    Retirer les plantes de la gueule du chien en veillant à ne pas se faire mordre, avec des gants de ménage et en se protégeant les yeux. En cas de contamination cutanée, empêcher que le chien se lèche.

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