Identification électronique

chez les oiseaux

Par le Dr Thomas Coutant, Service Nacologie, CHV Frégis

La récente mise à jour de la législation concernant la détention des espèces d’animaux non domestiques (Arrêté du 8 Octobre 2018) renforce entre autres les règles d’identification chez ces espèces. Cet arrêté prévoit notamment l’obligation de marquage et d’enregistrement dans un fichier national d’identification pour toutes les espèces d’oiseaux non domestique selon l’un des trois procédés suivants : transpondeur à radiofréquence (ou puce électronique), bague fermée, ou bague ouverte (cette dernière option n’étant pas autorisée pour les espèces d’oiseaux appartenant à l’annexe A du règlement n° 338/97 du 9 décembre 1996). Parmi les espèces rencontrées couramment en pratique, le gris du Gabon (Psittacus erithacus) ainsi que l’ensemble des aras appartiennent à l’annexe A. Si la bague fermée reste encore aujourd’hui la méthode de marquage la plus usitée, le transpondeur à radiofréquence présente l’avantage de limiter le risque de blessure ultérieure tout en augmentant la difficulté de retrait du marquage. Les vétérinaires en exercice de plein droit étant les seules personnes habilitées à réaliser le marquage par transpondeur à radiofréquence, la demande est de plus en plus importante pour cet acte dont la réalisation possède quelques particularités chez les oiseaux.

Matériel requis (Fig. 1):

  • Transpondeur électronique conforme aux normes ISO 11784 et 11785 dont la structure du code est adéquate pour une espèce non domestique (code groupe d’espèce entre 22 et 19). Ce sont les puces dites « faune sauvage », qui peuvent être commandées auprès du SAPV.
  • Lecteur de puce électronique
  • Gants (stériles ou non)
  • Plateau de désinfection
  • Coton-tige
  • Colle chirurgicale

Fig. 1 –Préparation de l’animal avec matériel nécessaire au marquage par transpondeur à radiofréquence

Préparation : Les oiseaux de compagnie étant rarement habitués à être manipulés, une sédation (par exemple du midazolam par voie intra-musculaire pouvant être antagonisé par du flumazenil) ou une anesthésie flash (isoflurane ou sevoflurane) est fortement recommandée si l’état clinique de l’animal le permet afin de réduire le stress et les mouvements exacerbant la douleur liée à la mise en place de l’implant. Pour une réalisation optimale de ce geste, la présence de deux opérateurs est recommandée : une personne réalisant le geste technique et une autre personne réalisant la surveillance anesthésique. La pose du transpondeur électronique étape par étape : Vérifier que l’oiseau n’est pas déjà porteur d’un transpondeur fonctionnel à l’aide du lecteur de puce électronique. (Fig. 2)

Fig. 2– Contrôle de l’absence de transpondeur fonctionnel déjà en place

  1. Contrôler le fonctionnement et la bonne correspondance entre le transpondeur à implanter et les documents fournis par le fabricant.
  2. Sédater (si possible avec l’injection dans le muscle pectoral droit pour éviter de léser deux fois la même zone) ou anesthésier (anesthésie gazeuse au masque) l’oiseau.
  3. Si nécessaire, plumer légèrement la zone du muscle pectoral gauche. En effet, le transpondeur doit être règlementairement mis en place dans le muscle pectoral gauche. (Fig. 3)

 

Radiographies permettant de visualiser le bon placement anatomique du transpondeur dans le muscle pectoral gauche

Radiographies permettant de visualiser le bon placement anatomique du transpondeur dans le muscle pectoral gauche​

5.Préparer de façon aseptique le site d’insertion avec l’oiseau placé en décubitus dorsal. (Fig. 4)

Fig. 4 – Préparation aseptique du site d’implantation du transpondeur

6. Muni de gants, introduire l’aiguille dans la zone où l’épaisseur de muscle est la plus importante (environ à mi-hauteur du bréchet), en longeant la carène du bréchet, avec une angulation de 45° en direction caudale (Fig. 5). Cette orientation permet de réduire le risque de lésions des gros vaisseaux irriguant les muscles pectoraux. Attention à ne pas perforer le bréchet lors de cette procédure car les lésions voire l’implantation cardiaque ou hépatique subséquentes pourraient être fatales à l’oiseau.

Fig. 5 – Implantation du transpondeur

  1. Injecter l’implant et retirer l’aiguille délicatement en s’assurant que le transpondeur ne ressorte pas.
  2. Contrôler le saignement éventuel au point d’entrée à l’aide d’un coton-tige.
  3. Utiliser un point de colle chirurgicale pour la fermeture cutanée du point d’entrée de l’aiguille (Fig. 6.)

Fig. 6 – Site d’implantation en fin de procédure​

10. Vérifier la mise en place du transpondeur à l’aide du lecteur (Fig. 7) avant d’antagoniser la sédation ou de réveiller l’oiseau. Une injection d’anti-inflammatoire non stéroïdien (du meloxicam à la dose de 1 mg/kg par voie intra-musculaire à titre d’exemple) peut être administrée pour réduire l’inconfort post-procédure si l’état clinique de l’animal le permet par ailleurs. Ce traitement peut éventuellement être poursuivi (1 mg/kg PO q12h) à la maison par le propriétaire pendant quelques jours.

Fig. 7 – Vérification du bon fonctionnement du transpondeur nouvellement implanté

N.B. : L’ouverture du site d’implantation par l’oiseau est très rarement observée. Aussi, la mise en place d’une collerette n’est a priori pas nécessaire. Une simple surveillance les quelques jours suivant la procédure est donc recommandée. Il est cependant préférable d’empêcher les contacts rapprochés avec les congénères le temps de la cicatrisation pour éviter une mutilation par l’un d’eux.

  1. Établir et délivrer immédiatement au propriétaire une déclaration de marquage de l’animal (CERFA N°12446*01) qui doit par la suite être conservée sans limitation de durée par ce dernier. Cette déclaration doit également être conservée pendant au moins 5 ans par le vétérinaire ayant pratiqué l’acte.
  2. Procéder à l’enregistrement du transpondeur implanté à l’aide de son numéro dans le fichier national d’identification des animaux d’espèces non domestiques (actuellement I-FAP). (Un certificat provisoire d’enregistrement peut alors être remis au propriétaire qui recevra par la suite un certificat définitif de la part du gestionnaire du fichier par voie postale. Alternativement, une copie de la déclaration de marquage (CERFA N°12446*01 dûment rempli) peut également être adressée par courrier postal au gestionnaire du fichier sans procéder alors à l’enregistrement sur le site web.
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