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La symphysiodèse est une intervention chirurgicale très peu invasive permettant un traitement précoce et préventif de la dysplasie de hanche avant le développement d’anomalies de l’articulation et d’arthrose irréversibles.
Elle consiste à bloquer la croissance d’une partie du bassin (ferme la plaque de croissance pubienne) chez le chiot par coagulation électrique contrôlée. Cette intervention chirurgicale entraîne une fusion des deux parties du pubis (soudure des deux hemi-bassins). La croissance du reste du bassin se fait totalement normalement, modifiant juste la couverture articulaire de l’articulation de la hanche. Elle est réservée aux chiens susceptibles de développer dans le futur une dysplasie de hanche et nécessite un diagnostic précoce et adapté.
La symphysiodèse peut raisonnablement être effectuée chez les chiens âgés de 14 à 20 semaines (idéalement 16 à 18 semaines), suspects de développer une dysplasie de hanche. Un dépistage le plus précoce possible de la dysplasie est primordial pour que l’animal puisse bénéficier de toutes les options thérapeutiques, et ainsi prévenir les conséquences cliniques qui pourraient découler de cette affection. La symphysiodèse repose sur le potentiel de croissance de l’animal.
La laxité articulaire, signe précurseur de développement d’arthrose, est un élément clé pour déterminer qu’un chien bénéficiera de la chirurgie. La laxité articulaire est l’un des signes cliniques les plus précoces. Elle est mise en évidence par une palpation articulaire attentive et par un bilan radiographique sous sédation (radiographies standard et dans une position très spécifique, dite en distraction). Si le degré de laxité articulaire (mesuré sur les radiographies et appelé Indice de distraction) est important, l’intervention sera recommandée car la probabilité que le chien souffre des hanches à un âge plus avancé est élevée. L’intervention peut ne pas être aussi efficace si l’indice de distraction est trop important. D’autres interventions pourront alors être réalisées à un âge plus avancé si nécessaires cliniquement.
D’une manière générale, chez le chiot de moins de 6 mois, on observe des anomalies de la démarche et/ou du comportement mais rarement de boiterie véritable. Au pas, une démarche chaloupée sur les postérieurs peut être observée avec un roulement du bassin. Le chiot peut avoir des difficultés pour se lever.
Le plus souvent, on observe, lors de la course, que le chien ramène les deux postérieurs en même temps (« sauts de lapin »). Il présente fréquemment une incapacité ou un refus à sauter et à pratiquer un exercice prolongé.
C’est en général après 6 mois qu’une réelle boiterie est décrite. Elle est souvent liée à l’usure anormale du cartilage articulaire. L’intensité de la boiterie est variable en fonction de la douleur ressentie. Quand les deux membres sont atteints, l’animal présente des difficultés à sauter et/ou à monter les escaliers mais l’asymétrie de la boiterie est moins visible. Les complications arthrosiques apparaissent plus tardivement sur les radiographies.
Ainsi, les signes seront observés souvent trop tardivement, c’est pourquoi une consultation précoce avec d’éventuelles radiographies spécifiques sont nécessaires avant même que le chiot montre un problème. On recommande cette consultation de dépistage pour les races à risque de dysplasie (berger allemand, labrador, bouvier bernois, golden retriever, notamment) entre 15 et 17 semaines.
Lors de dysplasie de hanche, la tête fémorale peut sortir de l’articulation à l’appui, ce qui est à l’origine de douleurs et de boiterie. Cette subluxation est due à une laxité mais aussi à un défaut de recouvrement de la tête fémorale par la cavité acétabulaire, ce qui provoque à terme le développement d’arthrose voire une luxation de l’articulation. Durant la chirurgie, une fermeture précoce de la symphyse est induite par destruction thermique de la plaque de croissance sous le bassin. Le reste du bassin grandit normalement provoquant une rotation des deux côtés du bassin, ce qui augmente le rebord recouvrant la tête fémorale et limite la capacité de la tête à subluxer. Cette coaptation articulaire améliorée prévient le développement d’arthrose secondaire et une incongruence future. La symphysiodèse traite en même temps les deux hanches du chien.
Le chiot est anesthésié et tondu sur la partie ventrale de l’abdomen. Une surveillance anesthésique minutieuse est réalisée durant toute la durée de l’intervention.
Une incision cutanée de quelques centimètres est réalisée en regard du pubis.
La symphysiodèse pubienne est effectuée par une technique d’électrocoagulation.
Un léger pansement collé est appliqué sur la plaie.
Cette chirurgie, bien réalisée, est moins lourde qu’une stérilisation ou une castration. Une analgésie adaptée doit quand même être mise en place mais cette chirurgie se fait en ambulatoire (sortie le jour même).
Les chiots sont maintenus au repos, tenus en laisse lors des promenades, pendant 15 jours, le temps que les tissus cicatrisent.
Les fils de suture sont retirés au bout de douze jours.
Une étude montre que la formation d’arthrose à l’âge de deux ans chez les chiens dysplasiques ayant eu une symphysiodèse est considérablement diminuée.
La symphysiodèse donne de très bons résultats en améliorant de façon significative la conformation articulaire.
Cette technique s’accompagne de peu d’effets secondaires : la durée d’intervention est courte ; la méthode est peu invasive et ne requiert pas d’implant orthopédique. Elle traite la dysplasie de façon bilatérale et peut être proposée à un coût raisonnable.
1. Patricelli AJ, Dueland RT, Adams WM, et al: Juvenile pubic symphysiodesis in dysplastic puppies at 15 and 20 weeks of age. Vet Surg 31:435, 2002.
2. Vezzoni A, Dravelli G, Vezzoni L, et al: Comparison of conservative management and juvenile pubic symphysiodesis in the early treatment of canine hip dysplasia. Vet Comp Orthop Traumatol 21:267, 2008.
3. Patricelli AJ, Dueland RT, Adams WM, et al: Juvenile pubic symphysiodesis in dysplastic puppies at 15 and 20 weeks of age. Vet Surg 31:435, 2002.