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Hypothyroïdie primaire spontanée chez 7 chats adultes
24 février 2026
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HYPOTHYROÏDIE PRIMAIRE SPONTANEE CHEZ 7 CHATS ADULTES

Par la Dr Clara Meneyrol, ancienne intern au CHV Frégis.

Peterson ME, Carothers MA, Gamble DA, Rishniw M. Journal of Veterinary Internal Medicine,2018, Nov;32(6):1864-1873.

Erratum in: J Vet Intern Med. 2019 Mar;33(2):1111

Introduction 

L’hypothyroïdie canine est une endocrinopathie fréquente chez le chien. Elle est rare chez le chat mais, aussi, peut-être, sous diagnostiquée. Si l’hypothyroïdie congénitale est bien décrite (elle entraine un nanisme disproportionné notamment), l’hypothyroïdie de l’adulte reste très mal définie.

Cette publication reprend les données cliniques et biologiques de chats adultes référés pour suspicion d’hypothyroïdie et de documenter leur réponse au traitement.

Matériel et méthode 

L’étude est réalisée entre mars 2014 et septembre 2017 et inclue un total de 7 chats adultes hypothyroïdiens. Pour chaque animal, des données préalables au traitement sont recueillies (signalement, antécédent, anamnèse, examen clinique à l’admission, hémogramme, biochimie, dosage de la dimethylarginine symétrique [SDMA], analyse urinaire). Un bilan thyroïdien complet est également réalisé, comprenant le dosage de thyroxine totale (T4t), de thyroxine libre (T4l) et de thyréotropine (TSH). Enfin, des radiographies de la colonne et des membres, ainsi qu’une échographie ou une scintigraphie thyroïdienne, sont effectuées.

Le traitement est ensuite initié avec de la lévothyroxine à 32,7 µg /kg/jour en moyenne. Un suivi est assuré pendant 3 à 7 mois.

Résultats 

Parmi les 7 chats, on compte 1 femelle et 6 mâles, âgés en moyenne de 7 ans (3,5-11 ans).

Les symptômes décrits regroupent :

  • léthargie, goitre, alopécie, pelage de mauvaise qualité (64 % des cas)
  • surpoids (55% des cas)
  • squamosis (45 % des cas)
  • PU/PD (36% des cas)
  • frilosité, dysorexie, otites externes (18 % des cas)
  • séborrhée, bradycardie, stertor et myxœdème de la face (9 % des cas)

L’anomalie biochimique la plus fréquente était une azotémie associée à une hypersténurie chez 4 chats, les 3 chats restant présentant une valeur de créatinine dans les valeurs hautes de l’intervalle de référence. Une anémie normocytaire normochrome est également présente chez 2 chats.

Concernant le bilan thyroïdien, 6 chats présentent une concentration en T4t et en T4l basse associé à une TSH élevée. En revanche, 1 chat présente T4t et T4l dans les valeurs usuelles mais une TSH élevée.

Pour 6 chats, la scintigraphie thyroïdienne a permis de mettre en évidence un goitre bilatéral. Pour le 7ème chat, la scintigraphie révèle l’absence de tissu thyroïdien cervical ou ectopique.

Le traitement permet une normalisation de la T4t, T4L ainsi que de la TSH. Une normalisation du volume thyroïdien est également observée chez les 6 chats admis avec un goitre. Il permet également la résolution de l’azotémie et de l’anémie chez les individus concernés. Une amélioration voire une résolution des signes cliniques est observée dans les 2 à 4 mois après la supplémentation.

Discussion

Cette étude contribue à approfondir les connaissances sur l’hypothyroïdie primaire chez les chats adultes en documentant davantage de cas. La sous-estimation de cette affection pourrait s’expliquer par la nature frustre des signes cliniques. Une meilleure connaissance des symptômes recherchés (troubles cutanés et fatigabilité) et une intensification des dépistages thyroïdiens pourraient permettre de mieux en définir la prévalence.

Le diagnostic repose sur la baisse de la T4 libre et l’augmentation de la TSH. L’utilisation de la TSH canine (plus facilement disponible en routine que la TSH féline) a été validée chez le chat.

Le dosage de la TSH est le test le plus sensible de l’hypothyroïdie primaire chez le chat. Tous les chats de l’étude présentaient une valeur de TSH extrêmement haute, de 7 à 40 fois les valeurs hautes de l’intervalle de référence.  Ce dosage permet également un suivi biologique à long terme.

Le traitement est réalisé avec de la lévothyroxine avec une posologie de 32,7 µg /kg/jour, soit presque le double de la posologie établi pour le chien habituellement de 10 à 20 µg /kg/jour.

A RETENIR :

L’hypothyroïdie féline existe et doit être recherchée dans les cas de léthargie, état kérato-séborrhéique, alopécie et surpoids notamment.

Une supplémentation de lévothyroxine sodique est évaluée sur une durée plus longue que chez le chien avec une dose utile souvent plus élevée.

Références :

Peterson ME,  Carothers MA,  Gamble DA,  Rishniw M.  Spontaneous primary hypothyroidism in 7 adult cats. J Vet Intern Med.  2018; 32: 1864–1873. https://doi.org/10.1111/jvim.15239

Peterson ME, Guterl JN, Nichols R, Rishniw M. Evaluation of serum thyroid-stimulating hormone concentration as a diagnostic test for hyperthyroidism in cats. JVet Intern Med. 2015; 29: 1327–1334.

Lucy JM, Peterson ME, Randolph JF, et al. Efficacy of low-dose (2 millicurie) versus standard-dose (4 millicurie) radioiodine treatment for cats with mild-to-moderate hyperthyroidism. JVet Intern Med. 2017; 31: 326–334.

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