L’examen en lumière de Wood.
Par la Dr Céline Darmon, spécialiste en dermatologie au CHV Frégis.
L’examen en lumière de Wood est entrepris lors de suspicion de dermatophytose en première intention. La lumière ultraviolette (360 nm) émise par la lampe révèle la présence d’un pigment (la ptéridine, dérivé du tryptophane du poil) qui résulte du développement intrapilaire de certaines souches de Microsporum canis. En revanche, les squames infectées ne sont jamais fluorescentes. Un temps de chauffe préalable de la lampe pendant 3 à 5 minutes est conseillé avant l’examen qui est facilité par la présence d’une loupe incorporée à la lampe. L’ensemble du corps de l’animal doit attentivement être examiné. Chez le chat suspect, on insistera sur des zones telles que le chanfrein, le pourtour des pavillons auriculaires, l’entrée des conduits auditifs, le dessus des pattes et la queue.

Un examen positif se traduit par la présence de poils qui apparaissent fluorescents (fluorescence jaune-verte, comme pour les chiffres de certains cadrans de montre).

Les poils fluorescents seront prélevés à la pince pour confirmation au microscope à l’examen direct et/ou mise en culture. La lampe de Wood peut alors être placée sous le plateau du microscope pour faciliter l’identification des poils teigneux.
Cet examen a une assez bonne valeur prédictive positive, mais une faible valeur prédictive négative. La coloration jaunâtre des croûtes et exsudats, ou celle bleuâtre des squames ne doit pas être confondue avec la fluorescence caractéristique de la tige pilaire infectée par M. canis. Une coloration jaunâtre est aussi possible suite à l’application de povidone-iodée sur les lésions et par ailleurs, la fluorescence peut disparaître si des substances à base de solvant alcoolique ont été appliquées sur les lésions. D’autre part, une dermatophytose peut être due à des dermatophytes qui n’induisent aucune fluorescence des poils (M. gypseum, Trichophyton mentagrophytes, ou certaines souches de M. canis) ou qui ne se développent que dans les squames et jamais dans les poils (M. persicolor).

Au-delà de cette utilisation classique, la lumière de Wood peut être utilisée pour faciliter l’interprétation des intradermoréactions des chats atteins de syndrome atopique
En effet, les réactions cutanées chez le chat sont fugaces. Une administration de fluorescéine injectable permettra de révéler les sensibilisations aux aéroallergènes testés.